Nous portons la dynamique selon laquelle, le projet ne peut se réduire à un outil managérial qui tenterait, dans une approche praxéologique réductrice, « de changer l’existant décrété mauvais, pour l’améliorer…»1 Michel Vial. Ainsi, il ne peut se considérer comme une stratification d’objectifs de tous ordres, définissant une méthodologie de travail, nécessaire à l’atteinte de ces derniers. Nous serions là, enfermé dans une méthodologie procédant « d’une ‘conformisation’, certes utile mais non suffisante »2 Michel Vial.
Le projet dépasse cela, il ne se contente pas d’un système organisationnel cohérent pour exister. Il construit, par et avec chacun des Sujets, dans une dynamique collective, un possible espace-temps d’expression et de réalisation des singularités et des spécificités individuelles.

Il n’est pas non plus, « la réalisation d’un algorithme, même souple, adapté à l’imprévu par le jeu des régularisations…» Michel Vial . Il ne peut être le guide absolu, indiquant sans discussion, le chemin à suivre par tous et de la même manière pour atteindre nos résultats.
Il se veut porteur de valeurs associatives affirmées, vecteur de leur mise en actes au quotidien et transformateur d’actions en un « Agir professionnel» Francis Imbert . Dans cette acception choisie, il convient de considérer que ce qui fait la valeur de ce projet ne peut être, en rien les critères de cohérence qu’on pourrait choisir de lui attribuer mais plutôt ceux qui permettraient par une évaluation collective et partagée de sa pertinence au regard du contexte social dans lequel la Louve évolue.
Il n’a pas pour vocation de résoudre les éventuels problèmes, il doit permettre, au contraire, la mise en tension, les allers-retours permanents entre les orientations choisies et les réalités complexes des relations éducatives.

Considéré ainsi, il n’est plus inadéquat, mais plutôt porteur, de parler de « Notre Projet ». Il est celui qui nous oriente tout en laissant la place à nos créativités, nos adaptations et nos responsabilités. Ainsi, il devient pour nous ce que la boussole et la carte sont aux randonneurs. La boussole oriente le chemin mais elle ne peut pas anticiper et signifier, les probables obstacles à venir. La carte, quant à elle, permet de repérer le chemin empruntable ou non, qu’il soit aisé ou difficile, laissant toujours à celui qui la consulte, la capacité de faire ses choix et d’habiter, face à soi même et aux autres, les responsabilités de ces derniers.

Une Maison d’Enfants demeure un lieu où s’expriment grand nombre d’émotions qu’elles soient de joie ou de tristesse, d’envies ou de refus catégoriques, de tendresse ou de grande violence. Tous, enfants et adultes, partagent ainsi un quotidien intense et soutenu parfois débordant où le seul rempart contre l’isolement voire l’épuisement réside dans une dynamique d’un prendre soin réciproque.
Il s’agit d’une volonté affirmée avec force dans « Notre Projet » comme le socle structurant de toutes les relations humaines qui animent « Notre Etablissement » et « Notre Equipe » au service des enfants.

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1 « Le Projet : une occasion de faire autrement », Colloque International IUFM-Uniméca, Marseille, 1999
2 « Médiations, institutions dans la classe », Ed. ESF, Paris 1994