Fort d’une longue expérience, nous avons développé des compétences pour contenir des troubles du comportement, offrir des relations d’étayage, accompagner des processus d’insertion sociale et professionnelle.

Bénéficiant d’une double habilitation, Aide sociale à l’enfance et Ministère de la Justice, nous accueillons des adolescents garçons ayant connus de nombreux placements ou mesures éducatives, parfois même l’incarcération. Aux relations familiales distendues, parfois même marquées du sceau de la violence ou de l’abandon, s’associent des situations de rupture sociale et d’échec.

Notre projet d’établissement réécrit en 2010 insiste sur sept dimensions :
Une dimension philosophique et éthique qui interroge nos engagements, et responsabilité dans la complexité des relations humaines au regard de publics fragilisés.
Il nous a semblés pertinent de développer aussi l’idée d’une « maison éducative » inscrivant l’ensemble des professionnels dans le travail éducatif et conférant à ce lieu une fonction symbolique, sécure et structurante.
Toujours valorisé par les professionnels de l’éducation, le travail d’équipe nécessite une attention singulière pour mobiliser toutes les compétences, favoriser un questionnement permanent, ajuster les places et rôles de chacun, rendre opérante une approche pluridisciplinaire et pluriprofessionnelle.
Nous faisons le pari de l’éducabilité, notion développée par P. Meirieu qui pose comme postulat que les êtres que l’on souhaite éduquer sont éducables. Charge aux professionnelles d’adapter leur pédagogie. Nous sommes résolument engagés dans une considération inconditionnelle, au-delà des symptômes parfois difficiles à contenir et posons comme cadre de travail la « non exclusion ».
La bientraitance enfin nous conduit à préciser nos postures, à interroger nos capacités à prendre soin, à faire preuve d’adaptabilité et à rompre avec tout jugement sur la personne.
C’est en toute logique que l’accent est mis sur la personnalisation dans un double processus, celui de l’individuation et celui de la socialisation.

Pour terminer, insistons sur l’autorité et une pédagogie de l’autorité qui vise l’autorisation du sujet ou plus précisément qui permet au sujet de s’autoriser à être l’auteur de sa propre existence.